L’Automobile

La première mention de l’automobile apparaît en Avril 1899. Celle-ci est cause de moult critiques, mais des satisfactions sont exprimées.

LES CRITIQUES SONT DE SEPT ORDRES :

elles soulèvent des « nuages, des « tourbillons » de POUSSIERE, et fait perdre sa respiration au cycliste : « c’est un défilé incessant d’automobiles qui soulèvent des nuages de poussière. En cinq sec, je suis tout blanc et malgré la précaution que je prends d’avaler une forte goulée d’air … j’ai bientôt la bouche pleine » (1° Juillet 1906) ;

Elles encombrent les routes : «  De Versailles … je reviens par le chemin classique au milieu de nombreuses autos » (29 Septembre 1901) ; «  sur la route de Choisy à Versailles, les autos sévissent » (27 Mars 1904) ; «  Je vais au bois de Boulogne et m’y assomme. Le comble c’est que j’y retourne l’après midi en auto avec Labouige. Quelle cohue ! » ;

Elles sentent mauvais : « C’est aujourd’hui la course d’autos à alcool entre Paris et Roubaix … Heureusement n’étant pas à pétrole, elles ne nous empoisonnent pas trop » (8 Avril 1901) ; « Une automobile me dépassant paroxise ma soif par sa poussière et ses parfums » (8 Avril 1901) ; « les autos immondes » (28 Juin 1908) ;

Elles défoncent la chaussée : « Je trouve la route de Pont l’Evêque … Mais elle est saccagée par les autos qui pullulent à cette époque et pendant 17 Km c’est une véritable fondrière » (14 Août 1905) ; « Je coupe la route de Nantes toute défoncée par les autos. » (15 Août 1908) ;

Un bourricot pour remorque!

Elles tombent en panne : « une automobile grimpe en tirant des bordées, mais cent mètres plus loin, nous la retrouvons en panne, croyons-nous, son conducteur occupé à la graisser ; c’est notre revanche »(2 Avril 1899) ; « Je m’épanche avec autant de ravissement que j’assiste … aux préparatifs de remorquage d’une voiture en panne. » (14 Mai 1904) ; « dans la route qui suit Choisy, une auto de course me dépasse à grande vitesse, mais j’ai plus loin l’intense satisfaction de la trouver avec une incontinence d’urine, perdant sous elle l’eau de ses radiateurs » (1907) ; « Près de la Croix de Vitry … un taxi Renault est en panne et nous nous amusons de l’impatience des voyageurs – trois Anglais » (9 Juin 1908) ;

Elles sont dangereuses : « Une automobile commet l’imprudence de se mettre en marche juste au moment où une voiture va la croiser. Le cheval prend peur, tourne court et part à fond de train vers le Champ de tir qui, fort imprudemment, n’est garni d’aucune palissade. » 31 Mars 1902 ; «  une automobile me croise, descendant à toute vitesse sans se soucier des lourdes voitures de bois qui prennent parfois toute la route » (14 Août 1902) ; « Une auto manque d’écrabouiller une voiture de paysan qui tournait naturellement sur sa gauche » (6 Août 1907) ;

Elles crèvent facilement : « A la barrière de Vincennes, un pneu crève. Les bandages sont neufs, le mécanicien apparaît peu expérimenté et la réparation dure ¾ d’heure … La route est accidentée … et  en haut, le même pneu que la veille crève … Nous allons repartir quand le pneu crève une troisième fois … A La Ferté, quatrième crevaison ! » (12 Juillet 1902) ; « A Falaise nous repartions quand on nous fait signe qu’un pneu arrière est crevé … A peine en dehors de Flers, un grand soupir. C’est le même pneu qui recréve » (15 Juillet 1908).

Toutefois André a été INVITE A DES EXCURSIONS EN AUTOMOBILES ET IL APPARAIT  ENTHOUSIASME :

-Par la location d’une automobile à l’initiative de son ami Frédi : « Signe des temps : ma première sortie sportive de cette année se fait sur une automobile ! Ne récriminons pas, car de longtemps, je n’ai passé aussi bonne et complète journée … L’ami Frédi vient me trouver. Il a tout simplement combiné de partir demain matin pour Orléans en chemin de fer et de cette ville, de faire en auto le château de Chambord, de Blois et si possible de Chenonceaux … »  (1905) ; « A 8 h ½ nous sommes à Compiègne où nous attend le petit LANDALET 12 HP que Frédi à retenu … Hélas à 2 H ½ il faut repartir »

A La Turballe, Bellanger et Bournouveau à l’arrière, et probablement Henri, debout.

 

(7 Novembre 1905) ; « Le Samedi 12 Juillet, je retrouve Frédi à la gare de Lyon où il m’attend avec son auto. C’est la première fois que je monte sur cette mécanique et d’abord je suis un peu épaté. Le chauffeur est très adroit, évolue à travers les voitures avec une maestria inquiétante pour quiconque ne s’est pas encore rendu compte de facilité d’arrêt et de virage … Evidemment c’est charmant de se sentir ainsi emporté sans effort … La route est accidentée mais la voiturette, en 1° vitesse, gravit cela allégrement. Elle fait couramment son kilomètre en deux minutes [30 Km/h] » (12 juillet 1902).

 

-En villégiature à La Turballe en compagnie d’Auguste: « Avec nos bicyclettes nous allons à Guérande retrouver Mr Guillonge., l’entrepreneur d’Auguste qui nous offre une partie d’automobiles – et la lui doit bien. Nous prenons la grande route de la Roche Bernard, passant par Herbignac. La petite voiture de 8 chevaux se comporte admirablement et Guillonge conduit d’une façon parfaite, habilement et prudemment. Je revois la Roche avec plaisir avec ses maisons pittoresques, ses rues tortueuses, son pont si hardi où l’auto a juste la place pour passer. ». (3 Septembre 1907) ; 

-Sur invitation de Monsieur GUIARD : « A 7 H ½ l’auto de Caen, une superbe Chenard Walker 30 HP, 4 cylindres[1], vient se ranger à la porte et il est 8 h 20 quand nous démarrons … [le chauffeur] est un jeune homme très convenable, très adroit et surtout très prudent. La voiture de son côté fait merveille ; en palier j’ai constaté qu’elle faisait 50 Km à l’heure, mais c’est surtout dans les côtes qu’elle est superbe … 105 Km le matin et 112 cette après midi » (15 Juillet 1908) ; «  L’élégant Monsieur c’est moi que Monsieur Guiard va éventer toute une journée sur la route égayée par un soleil radieux … Le chauffeur, très habile, très prudent, très convenable, ne connaît aucunement la route et il faudra à chaque instant la lui indiquer … A 18 H ½, nous rentrons à Paris ayant fait plus de 250 Km sans le moindre accroc » (9 Août 908) ; « A 8 H la voiture arrive : c’est une limousine de 14-16 HP Chenard Walker conduite par le même que l’autre fois ». (27 Septembre 1908) ; « Comme chaque année Monsieur Guiard m’emmène faire une promenade en au to … Nous rentrons par Saint Cloud et le Bois sans crevaison, sans une crainte de panne » (27 Septembre 1908) ;

-Enfin ANDRE Henri est attiré par la MOTOCYCLETTE[2] :

Terrot 1903

« Entre Choisy et le Carrefour de Pompadour, je rencontre Edmond BOUCHER monté sur une motocyclette … J’essaie son outil sur le trottoir de la route de Villeneuve. Très épatant. Très simple, d’un maniement facile, un simple robinet permet de faire 5 à 40 Km. Direction excessivement souple et pas de secousses. Voilà qui est à noter pour le moment où la décrépitude aura raison de moi » (22 Septembre 1901 ;

« Un long demi siroté à l’Espérance nous permet de constater l’abondance de motocyclettes ». (22 Mars 1903).

[1] L’entreprise Chenard est française. Après avoir construit des cycles, des tandem, des tricycles et des quadricycles, elle se lance dans la construction d’automobiles en 1901 ; Avec le britannique Walcker, il fonde une société en commandite en 1899 s’installant à Asnières puis en 1907 à Gennevilliers.

[2] Les premières motocyclettes à pétrole sont nées en 1893. Elles vont surtout être construites par la société française de DION-BOUTON.

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